Photographie - Théâtre

Le royaume de l’aube


Le Royaume de l’aube témoigne d’un mode de vie paysan en voie de disparition, incarné par Jean-Bernard, 78 ans, et Laurence, 63 ans, qui perpétuent un modèle agricole ancestral dans le Finistère sud. Cette série offre un outil de contemplation et de réflexion sur notre rapport au monde. Sur leur petite ferme de quinze hectares, ils cultivent la terre avec des méthodes traditionnelles et vivent en quasi-autarcie, refusant la mécanisation et la productivité à tout prix. Ici, où la dureté du quotidien se conjugue à une beauté brute, le temps s’étire, rendant chaque geste essentiel, chaque perte et chaque renaissance profondément sensibles.

Leur choix de vie, longtemps marginalisé, prend aujourd’hui un sens nouveau face aux dérives modernes : l’accélération du temps, la surconsommation et l’exploitation intensive de la nature. Alors que d’autres ont cédé à l’industrialisation, Jean-Bernard et Laurence maintiennent un équilibre fondé sur la solidarité, le troc et un profond respect du vivant. Leur ferme devient un lieu d’échange et d’accueil, où se retrouvent des visiteurs de tous horizons, renouant avec une convivialité rurale disparue.

En documentant ce territoire et ces vies, Le Royaume de l’aube interroge ce que signifie vivre librement, en harmonie avec la nature, et met en lumière la force d’une existence ancrée dans le réel, loin des illusions du progrès.


Est-ce aimer ?

Novembre 2019, ma mère apprend qu’elle a un cancer des poumons. Elle décède deux mois et demi seulement après l’annonce de sa maladie. Un an auparavant, sa radio des poumons est parfaitement normale. Un an auparavant, moi, ma vie est bousculée par ma rencontre avec Alejandro, et cet état fragile et nouveau pour moi me pousse à entamer un travail sur l’amour, dont ce livre est un aboutissement.

La réflexion n’est pas nouvelle pour moi. Lorsqu’à l’adolescence, on se sent des attirances qui ne sont pas dans la norme à l’époque, je crois que cette question vient très rapidement : Comment nommer ce qui me lie à ce garçon dont je recherche tant la compagnie ? Et que veut dire cette relation à cette fille dont je me sens si proche sans pour autant avoir envie d’aller plus loin ?

Il y a aussi la relation de mes parents qui me questionne beaucoup. Dès la page neuf de mon journal, commencé en 1993 alors que j’ai 17 ans, je me demande si mon père aime toujours ma mère. Je grandis avec cette peur de finir comme mes parents et avec l’espoir un peu vain de vivre une histoire comparable à celle de mes grands-parents maternels. Si je connais très peu leur couple, mon grand-père est mort en 1982 quand j’avais six ans, ma grand-mère évoque en permanence leur amour et leur unité indéfectibles, si indispensables selon elle au bonheur des enfants.

Pour compliquer un peu les choses vient me perturber jusqu’à l’âge adulte dans mon rapport à l’autre un trauma dont je suis victime alors que je dois avoir quatre ou cinq ans, un abus sexuel commis par un garçon de treize ou quatorze ans mon aîné. Bref, je me pose beaucoup de questions sur l’amour, de la philia à l’agape en passant par l’eros ou la porneïa. Ces interrogations vont revenir encore plus nombreuses pendant cette période courte et intense qu’est la fin de vie de ma mère, pendant laquelle le quotidien est chamboulé, les relations sont révélées ou exacerbées : Qu’est-ce qui subsiste entre mes parents ? Ai-je assez aimé ma mère ? Ai-je assez aidé ma mère ? Et si elle a été aimée, comme l’a toujours affirmé ma grand-mère, pourquoi cette dépression qui ne l’a jamais quittée ?

Entrez dans l’histoire en cliqueant sur l’image.

Garçon


“Nos héritages ne sont précédés
d’aucun testament.”
René Char.


Un premier travail réalisé avant Est-ce aimer ? sous la forme d’un film photographique, explorant les héritages familiaux pour ce qui est de l’amour.


Famille banale

Cette série pose un regard intime sur le quotidien d’Alexandre et Igor, parents de trois enfants : Garance, Gustave et Giselle. Loin des débats idéologiques ou théoriques qui alimentent souvent les peurs, elle choisit de donner la parole aux premiers concernés.

Leur histoire prend racine dans un cheminement vers la Gestation Pour Autrui (GPA) aux États-Unis. Ce processus long et rigoureux impose aux futurs parents des questionnements profonds sur leur projet de vie, les confrontant à des interrogations que peu de couples hétérosexuels ont à résoudre avant de fonder une famille. De la relation singulière nouée avec la mère porteuse au choix de la donneuse d'ovocyte, chaque étape souligne l'engagement de leur démarche.

Pourtant, une fois ces spécificités franchies, ce qui se déploie sous l'objectif est une réalité universelle. La série cherche à balayer les postures de principe pour laisser place à l'évidence du soin et de l'affection. Elle met en lumière ce nouvel horizon de vie, jadis inaccessible pour les couples de même sexe, et rappelle que le désir d'enfant ne devrait pas être limité par des barrières financières ou sociales (de fait, l’interdiction actuelle n’empêche pas la GPA aux couples les plus aisés).

S’intéresser à eux, c’est accepter de voir qu’une autre forme de famille est possible, une famille profondément banale dans son amour et sa complexité.


Ici même

Louis est mort à près de 102 ans. Diminué physiquement et moins libre, il a pu jusqu’au bout profiter de ses passions : assister aux courses cyclistes du coin, emmené par un voisin, voir les matches de foot au stade tout proche, conseiller des amis passionnés de mécanique automobile, à qui il prêtait son garage. Louis était garagiste. Il était mon grand-père. Cette vie remplie et digne, respectueuse de ses désirs, c’est grâce à ses enfants, au soutien de structures d’aide à domicile et à la bienveillance de ses voisins qu’elle a été possible, en lui permettant de vivre chez lui jusqu’à la fin.

Et s’il n’y avait rien au bout de l’horizon ?



Et sil n'y avait rien au bout de lhorizon ? Ce pourrait être un constat cruel, aveu d'échec pour nous qui sommes toujours à la recherche de nouveaux
horizons, nous qui espérons que les choses soient plus belles quand nos buts seront atteints.

C'est ici plutôt une invitation à vivre ce qui nous est offert là, maintenant. Acceptation et non pas résignation. Lors d'un voyage, j'aime avant tout les trajets en train. Arrivé à destination, je suis pris d'angoisses : trouver son chemin, choisir où dormir... Et si ce lieu inconnu, s'avérait décevant? Dans le train, les possibles restreints, pas de décision à prendre, importante ou non. Il ne reste qu'à se laisser porter par ce que l'on voit, un paysage souvent vide qui défile sans effort.

S'apaiser: S'accrocher à un élément inattendu qui surgit. Imaginer une histoire. La vie est là. Il en va peut-être de même pour les chemins de vie, pour ceux qui vivent dans cette petite maison isolée qui vient de passer devant moi. Se désespèrent-ils de pouvoir partir? Ou peut-être quils embrassent pleinement ce quotidien en apparence morne qui devient pour eus source de joie. Et que dire de la relation amoureuse avec cet autre qui nous sera désespérément inconnu, qu'on aimerait parfois plus conforme à nos attentes? Aimer déjà cette surface qu'il nous offre.

Le but c'est le chemin. (Goethe)





Galerie Capazza


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Exposition jusqu’au 21 juin sur le thème des jardins invisibles : galerie-capazza.com




Urgences




Collaborateur artistique de Gaëlle Hausermann pour la compagnie Physis


« Tel est le chemin éternel de l’humanisme : comment l’homme a cherché à se construire, à grandir, entrelacé avec ses comparses, pour grandir le tout, et non seulement lui-même, pour donner droit de cité à l’éthique, et ni plus ni moins aux hommes.
Quand la civilisation n’est pas soin, elle n’est rien. »

Cynthia Fleury




Nous sommes dans l’antichambre des urgences d’un hôpital. Dans ce lieu ouvert 24h/24, converge sans relâche une humanité qui a besoin d’être soignée, rassurée, écoutée et que Gaëlle Hausermann, artiste associée au Théâtre d’Angoulême, a souhaité ausculter à sa façon. Profondément touchée par sa rencontre avec le personnel soignant, elle s’est appuyée sur le réel pour écrire ce spectacle, fidèle à son goût du théâtre documentaire. Mais cet univers, l’autrice et metteuse en scène a eu envie de le transcender. Et sur scène, grâce au talent de ses quatre interprètes, à quelques effets magiques et à la puissance d’images sans parole, c’est l’extra-ordinaire, qu’elle convoque au plateau. « Il y a de la poésie partout. Même dans une salle d’attente, à trois heures du matin », nous dit-elle.

Aux côtés de Marie, artiste en immersion à l’hôpital, défilent patients et patientes, soignants et soignantes, accompagnants, au fil d’instantanés drôles, poignants ou oniriques. À travers leurs confidences, entrelacées avec une infinie délicatesse, Urgences salue celles et ceux qui prennent soin de nous, autant que les malades qui se battent ou leurs proches aimants et fragiles. Et célèbre une autre manière d’envisager l’hôpital et la médecine à travers l’écoute et l’empathie.






Commandes

Ville de Paris - Dispositif Premières heures



« Premières Heures » est un dispositif de soutien aux Parisiens qui connaissent ou ont connu la rue et pour qui les contrats au sein des structures d’insertion par l’activité économique (SIAE) ne sont pas immédiatement adéquats.

Ce dispositif permet la reprise progressive d’une activité adaptée aux besoins et aux capacités de chaque salarié, allant de 1h à 72 heures par mois (pour une durée de 12 mois maximum).


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