Au Sichuan, dans le Tibet de l’est, une zone annexée par la Chine bien avant la province actuelle de la région autonome, la culture tibétaine est encore très présente, la sinisation y étant moins virulente.
Dans un monastère interdit d’accès par la police aux étrangers, on officie des funérailles célestes : dans une région où les températures sont souvent basses et où le bois manque, on n’enterre ni ne brûle les dépouilles. Elles sont dévorées par les vautours. Chaque jour, 4 à 5 familles apportent le corps d’un proche. Apres les prières et les tours de temple rituels, le corps porté sur le dos, dans un panier ou une grande boite, est apporté sur le lieu du rituel. Ses vêtements sont alors jetés dans la prairie voisine. Le corps est préparé par le moine qui en sépare des lambeaux de peau pour mettre la chair à nu et confie à la famille une touffe de cheveux ou la section de la tête d’un os, seule trace de son passage sur terre. Les corps prêts, le moine lance quelques morceaux de chair : c’est le signal pour les vautours qui se sont approchés . La disparition complète des corps, aidée par le moine qui broiera à la fin les os, durera moins d’une heure.